Dimanche 7 juin 2015, le réveil sonne à 6h20, dur dur, surtout que je n’ai pas arrêté de me réveiller dans la nuit pensant que mon réveil n’avait pas sonné (cette situation m’a fait penser à quelqu’un, elle se reconnaîtra). Et d’autant plus dur que Nico est sagement en train de dormir… Mais ce réveil dominical est pour une bonne cause : je pars à Buenos Aires pour « le travail ».

Le taxi (payé par le lycée) est à l’heure, pour ne pas dire en avance. Ce n’est pas un taxi classique noir et jaune mais une voiture de luxe. Une fois à l’intérieure, mon téléphone se met à sonner : c’est une boite vocale qui m’annonce que le taxi est arrivé, je dois taper 1 pour confirmer la réception de ce message, ce que je fais, mais trois secondes plus tard : rebelote. Je me dis qu’il faut peut-être dire : uno, ce que je fais, mais de nouveau ça re-sonne. Cette fois-ci, je raccroche directement. Le chauffeur a deviné qu’il s’agissait de la boite vocale. Il appelle donc le service pour informer que je suis bien dans le taxi. Une fois à l’aéroport, je fais mon check-in à la borne automatique, puis je me dirige à la porte internationale. Je m’étonne qu’il n’y ait pas de papier d’immigration à remplir, mais bon, on verra bien. Je passe à la PDI (police chilienne) sans encombre, on ne me demande pas ce fameux papier, l’agent se contente de me draguer un peu.

Je suis super en avance, j’attends donc 1heure devant la porte d’embarquement. J’en profite pour explorer le guide de l'Argentine. Je me rends compte que j’ai oublié de mettre mes chaussettes de contention : grrr, j’espère juste ne pas avoir oublié autre chose…

Au moment de l’ouverture de la porte d’embarquement, je sors mon billet, je vois que j’ai la place 1C… j’hallucine : je suis placée en première classe. Je suis la première à rentrer dans l’avion, et une fois assise, je peux tendre mes jambes de tout leur long ! J’en profite : jamais ça ne se reproduira (sauf au retour, en tout cas, j’imagine). Vers 10h, on me sert un petit dèj salé / sucré. Dehors, il fait gris, mais très vite, on passe au-dessus des nuages, seules les crêtes des Andes dépassent. Le vol durera un peu moins de 2h. Comme je n’ai qu’un bagage à main, je sors rapidement et je vois immédiatement un homme avec une pancarte comportant mon nom. C’est le second chauffeur de taxi qui m’emmène à l’hôtel. Une fois là-bas, je récupère ma clé et 400 pesos argentins (pour pouvoir me payer à manger les soirs). Dès que j’ouvre la porte de ma chambre : de nouveau l’hallucination (même si j’étais prévenue de tout cela par les collègues). Il s’agit d’un grand appart’ hôtel : deux chambres, donc deux TV, un grand balcon, une cuisine et une salle de bain (bien sûr).

Je pose ma valise, laisse mon manteau et mes bottines pour enfiler mes ballerines car il fait beau et chaud. Je marche jusqu’à la première station de métro (à ½ h à pied). Il n’y a personne aux guichets pour vendre les tickets, du coup, l’agent me laisse passer. Les métros à Buenos Aires sont jolis : les murs sont recouverts de mosaïques. Direction le marché San Telmo, qui n’est présent que le dimanche. Ce marché s’étend sur 2 km dans la rue de la Défensa. C’est un marché à ne pas manquer, on trouve beaucoup de créations faites mains, notamment des créations originales : des objets fait à partir de vinyles (des sacs, des pochettes pour lunettes…), des portefeuilles avec d’anciennes cassettes audio, de nombreuses tasses à maté, un tas de bijoux et des groupes de chanteurs… La plaza Dorego regroupe un grand nombre d’antiquaires où on peut trouver plein de choses. Je suis entrée dans le magasin Cualquier Verdura (= n’importe quel légume): Humberto Primo 517 (indiqué dans mon guide et je le remercie). Il s’agit d’un magasin où on trouve un peu de tout, comme le marché. Ce qui est très original, c’est qu’il s’agit d’un magasin dans un appart’, il y a donc toutes les pièces dédiées à l’habitat : la cuisine, le salon, la chambre et la salle de bain, et toutes ces pièces sont remplies d’objets divers, allant de vêtements vintages aux ustensiles de cuisine, d’objets déco… J’ai eu une pensée spéciale pour ma chère collègue Manue qui, je suis quasiment sûre, aurait adoré aussi.

Je me suis acheté un « pan relleno » : un pain garni au poulet, tomate, sauce et origan très bon, pour 35 pesos Ar. Je n’ai pas manqué non plus la photo avec le personnage de BD argentin emblématique en Argentine : Mafalda. Elle se trouve sur un banc à l’angle des rues : Defensa et Chile.

Au bout de la rue Défensa, on se retrouve à la Plaza de Mayo, où il y a de beaux bâtiments et la casa rosada. J’ai continué en direction de la musique que j’entendais : avenue de Mayo où il y avait un spectacle de danses. Je ne suis pas restée longtemps car j’avais encore beaucoup de choses à voir. Je passe sur le pont de la rue Peron pour voir le fameux « puente de la mujer » (= pont de la femme). N’ayant pas vu de photos avant, je ne m’attendais pas un pont aussi moderne. Il parait qu’il peut pivoter à 90° pour laisser passer les bateaux. Je suis passée à côté de la belle frégate Sarmiento et j’ai continué ma promenade en direction de la réserve naturelle. Arrivée sur l’avenue Rodriguez, il y a là encore un marché, des chanteurs et des danseurs (malheureusement pas de tango). Il est 18h et la nuit commence à tomber doucement, j’ai sérieusement mal aux talons et je n’ai plus de batterie à mon appareil photo : grrrrr !! Je n’irai donc pas à la réserve naturelle. Je repasse par la Défensa : il y a un monde pas possible : j’ai bien fait d’y aller au début. Je prends le métro direction l’hôtel. La dernière demi-heure de marche sera dure pour mes pauvres pieds. Une fois à l’hôtel, je branche mon ordinateur : manque de bol, la prise est différente des prises françaises et chiliennes… Du coup, je vais regarder mes mails sur l’ordinateur de l’hôtel. En rentrant : ce sera une bonne douche (à défaut de pouvoir prendre un bain : il n’y a pas le truc pour boucher la sortie d’eau), un bon pansement pour les ampoules puis une bonne nuit de sommeil. Pas besoin de bouillote, le radiateur est allumé, il fait donc très bon.

Lundi 8 juin. Le réveil sonne à 7h00. Le petit-déjeuner, compris avec la chambre, est super (pour moi, car certains stagiaires se plaignent, je ne comprends pas pourquoi). Il y a différents pains (et grille-pains), des gâteaux, du café, du thé, du cacao, des céréales, du salé, des fruits, deux sortes de confiture et du « dulce de leche » (confiture de lait / caramel), jus d’orange, de pamplemousse, de pomme ou d’ananas.

A 8h30, j’arrive au lycée (qui est à moins de dix minutes à pied). Le stage commence : il est animé par une PEMF (instit’ formatrice) et par un IEN (un inspecteur de France) qui nous annoncent que le lendemain, c’est la grève générale à Buenos Aires. Et ici, quand il y a une grève, ça ne fait pas semblant. L’hôtel étant loin du centre : les visites des musées que j’avais prévues pour ce jour-là tombent à l’eau : grrrr.

L’IEN, spécialiste en musique, nous fait chanter dès le début. Il nous fera même faire la ronde (Tout cela, ce n’est pas mon truc, on se sent franchement ridicule, mais ce n’est pas grave, le temps passe plus vite ainsi plutôt qu’assis.) A la pause, on a droit à des croissants, thé et café. On nous donne de nouveau 600 pesos (ce qui fait 1 000 pesos au total, environ 100 euros) d’indemnité de stage, c’est parfait. Ensuite, nous allons dans la salle informatique, juste à côté pour chercher des sites qui concernent l’intitulé du stage : construire un parcours artistique et culturel. Ce genre de chose, on peut le faire chez soi, c’est un peu dommage de le faire là, mais bon… A 13h30, c’est le repas à la cantine. C’est un self, comme à Santiago et ailleurs. Au menu du jour : viande qui a l’air très bonne accompagnée de bons légumes, une petite assiette de quinoa aux courgettes, un verre de vin (profitons-en ...à Santiago, on n'y a pas droit), un yaourt, une pomme et ensuite je me dirige vers les salades, certaines avec des noix et des amendes. Il y a beaucoup de choix, on peut même rajouter différentes graines (de sésame, de pavot…). La salade est excellente ! Et à peine finie, le directeur de l’établissement vient nous annoncer qu’il y a une alerte à la bombe et qu’on doit évacuer les lieux immédiatement. On pense que c’est une blague, mais non, nous devons laisser notre assiette (dur dur : on a faim et en plus la viande était très bonne : j’ai juste eu le temps d’en prendre une bouchée.) Je prends ma pomme et on sort. Un bus va venir nous récupérer pour nous emmener au MALBA (musée arte latinoamericano de Buenos Aires). Je repasse vite fait à l’hôtel pour déposer ma veste et ma pochette. Le musée sera très intéressant, c’est surtout contemporain où il n’y a que des œuvres d’artistes d’Amérique du sud. Notre guide nous séparera en deux groupes et demandera à chacun d’eux de choisir une œuvre sur l’exposition permanente. Puis il nous demandera les raisons pour lesquelles on l’a choisie, et nous a posé de bonnes questions afin d’affiner notre regard et nous a donné de bonnes explications. On terminera cette après-midi avec la visite de l’exposition temporaire, au dernier étage. Ce sera assez drôle ou en tout cas, ça ne laissera pas indifférent. Ce sont des performances.

Dans la première salle, il s’agit de peintres qui la repeignent en blanc en continu, ils passent leur journée à faire cela. Dans la salle suivante, une nana tape un texte à l’ordinateur qui est projeté au mur sur ce qu’elle pense quand elle voit les visiteurs entrer dans cette salle et ce qu’ils se disent ou peuvent penser.

Dans la salle suivante, les murs sont de nouveau d’une blancheur immaculée avec des choses écrites en noir et en colonne. En fait, c’est un mec qui passe son temps à demander l’heure à certains visiteurs (toutes les 5 ou 10 minutes environ) et à écrire leur prénom à côté de l’heure donnée. J’aurais bien aimé être choisie, malheureusement, quand on est passé, c’est une chinoise qui y a eu droit.

Dans la troisième salle, il y avait un mec qui sans se déplacer d’un millimètre faisait bouger des objets présents dans la salle. Pour cela, il « jouait au pantin ». En effet, plein de ficelles étaient reliées à lui, et à chaque fois qu’il faisait un mouvement avec un de ses membres, un objet attaché au bout de la ficelle bougeait.

Dans la dernière salle, il y avait un gars assis sur un banc (heureusement pour lui, contre le mur), qui avait une sorte de masque recouvert de lumières, et à côté de cette salle, il y avait une sorte de sas dans lequel des jeunes « jouaient » le rôle d’un tourniquet automatique avec certaines variantes. Pour sortir, le passage dans ce tourniquet est obligatoire.

Nous sortirons de ce musée vers 16h30. Sachant que la nuit tombe à 18h, il ne fallait pas que je traîne. Avec 3 autres stagiaires, nous nous dirigeons vers le cimetière, on passera devant la sculpture de Catalano : la fleur en pétale qui s’ouvre le matin et se referme le soir. J’abandonne mes compagnons qui veulent visiter une église. Je veux voir le fameux obélisque de la ville, ce n’est pas à côté, et comme ce n’est pas évident de savoir quel bus y va, tant mis, je continue à pied, même si ceux-ci commencent à me faire mal... Quand j’arrive, il fait déjà presque nuit. Ensuite, je me dirige vers un kiosque de tourisme pour récupérer un plan qui sera mieux que celui du guide, bien évidemment, c’est fermé. Toujours à pied, je marche en direction du magasin dédié au camping et compagnie « Wildlife », ils ne vendent malheureusement pas de casserole toute seule. Je cherche ensuite « una ferreteria » pour acheter un adaptateur pour pouvoir utiliser mon ordinateur dans la chambre de l’hôtel. Par chance, c’est encore ouvert et cet adaptateur est universel, il pourra donc nous servir pour d’autres destinations. Comme ce n’est pas très loin, je vais à la plaza del Congreso, les bâtiments sont très jolis, mais impossible de prendre des photos : il fait nuit et ils ne sont pas assez éclairés. Etant donné que demain, c’est la grève générale, j’en profite encore un peu : je vais au centre commercial Carlos Gardel pour faire un peu les magasins. Il n’y a pas grand-chose d’intéressant et les prix sont plutôt élevés. Je mange sur place une sorte de panini et six petites bouchées toutes chaudes au fromage, je ne prends pas trop de risque : ici les fromages non pas du tout un goût prononcé. Je reprends ensuite le métro pour retourner à l’hôtel.

Mardi 9 juin. Les informations à la télé ne parlent que « du paro » : la fameuse grève générale. Il n’y a ni bus, ni métro, ni train, peu d’avions, moins de taxis, toutes les stations-service sont fermées, moins de restaurants ouverts, pas de journaux et pas d’éboueurs. Du coup, pour aller au lycée, on passe devant toutes les poubelles pleines.

Notre cher IEN nous fera de nouveau chanter, on fera un retour sur le musée, la PEMF nous montrera quelques vidéos qu’elle a faites en classe, et on finira par faire une recherche en groupe sur la présentation d’une œuvre à présenter aux élèves en la reliant à d’autres discipline.

Cette fois-ci, nous pourrons manger le repas de midi dans son intégralité. Toute l’après-midi, nous écouterons un joueur de viole. C’était sympa, bien que j’aie dû un peu lutter pour ne pas m’endormir par moment : les morceaux s’enchaînaient les uns après les autres et au moment de la digestion, ce n’est pas facile. Le soir, on a tous rendez-vous dans une parilla : un restaurant spécialisé en viande argentine. Celui que nous proposait notre collègue ne répondait pas, il devait être lui aussi fermé à cause de la grève. Nous irons donc dans un autre.

Au retour à l’hôtel, je fais une petite sieste. Puis, ayant vu, avant mon séjour, que l’hôtel disposait d’un jacuzzi, je descends à la réception pour savoir où il est. Malheureusement, il n’est pas en fonctionnement… dommage. Je remonte donc dans ma chambre, consulte mes mails, fais ma révision d’espagnol sur Duolingo, et commence à rédiger les articles pour le blog. Puis très vite, c’est l’heure de rendez-vous pour aller au restaurant. Celui-ci est décoré uniquement avec des maillots de foot : que ce soit aux murs ou suspendus au plafond. Le repas sera bon. Certains continueront la soirée en allant voir une milonga : danse de tango, personnellement, je rentre, je le ferai en septembre avec Nico. Finalement, c'était un bon choix : les autres ont été globalement deçus.

Mercredi 10 juin, dernier jour de stage, c’est le moment, après le petit-déjeuner de faire la valise et de la laisser dans le hall de l’hôtel avant d’aller, pour la dernière fois, au lycée Jean Mermoz. On parlera de l’intervention du joueur de viole, puis l’IEN nous sortira un petit truc en fer que je n’ai encore jamais vu. Il nous dit qu’il s’agit d’un instrument. Il le frappe sur la table puis le pose dessus tout en le maintenant. Ça fait effectivement du bruit. Il nous le fait passer pour qu’on tente de le faire « fonctionner ». Cela me rappelle les interventions de Clément. J’aime ce genre de choses, c’est bien mieux que le défilé de power point ou autres documents projetés au tableau. La petite pause avec les pains au chocolat sera la bienvenue.

La suite de la matinée sera bien longue. Nous sommes censés faire des progressions sur le PEAC (parcours éducatif artistique et culturel), mais c’est un peu flou, je ne trouve pas que ce soit très efficace… La pause de midi sera une fois bien sympathique où j’apprends le mode de fonctionnement des autres écoles, qui peuvent être bien différents d’un établissement à un autre, même au sein d’un même pays. (Par exemple, à Viña del mar, bien que ce soit assez proche de Santiago, ils n’auront que 2 semaines de vacances en juillet : pas de chance, pour nous ce sera 3.). L’après-midi sera consacré au retour sur le stage et sur la récupération sur clé USB de tous les documents projetés. Après les au-revoir, ce sera l’attente du taxi dans le hall de l’hôtel. Pour patienter et ne pas perdre mon temps, je corrige quelques rédactions de mes élèves. Pas toujours évident de déchiffrer le « fragnol » : mélange de français et d’espagnol de ceux-ci. Le taxi viendra me prendre 2 heures avant le vol, soit à 17h30. Le temps d’attente à l’aéroport sera assez court même si nous franchissons la porte d’embarquement avec un retard de 25 minutes. Nous montons dans un bus qui doit nous déposer au bas de l’échelle de l’avion, mais à notre grand étonnement, nous ramènera aux portes d’embarquement, après avoir fait un petit tour. On nous annonce qu’il y a un problème technique et qu’il va falloir patienter environ 45 minutes. Ce sera effectivement le cas : on décollera vers 21h. Je suis de nouveau en 1ère classe : c’est la classe ! On nous offre un petit sachet : cache yeux, brosse à dents et lingette rafraîchissante Occitane. Je finis mon livre de Michel Bussi : les nymphéas noirs, que je recommande. Même si par moment, il peut vous paraître un peu longuet, il faut persister : la fin vaut largement ces moments creux. Il me reste ensuite à patienter une quinzaine de minutes avant l’atterrissage. Je n’ai rien d’autre sous la main pour m’occuper : tout est dans la valise : mots fléchés, Rubis kub et les corrections. J’avais bien pensé à prendre mon MP3, mais comme j’avais oublié le câble pour le charger, je ne peux malheureusement pas l’utiliser… bref c’est la loose. Par chance, il me reste une feuille dans mon portefeuille (celle où il y avait l’adresse de l’hôtel). Je m’en sers donc pour écrire la suite du blog.

Le taxi sera bien là, malgré l’heure et demie de retard de l’avion. Je me couche vers 00h30, le réveil à 6h le lendemain risque de faire mal, surtout que c’est ma journée complète (sans intervention) avec les élèves…

Et voilà, c'est fini...Retour sur Santiago

Nelly

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