On est mercredi 27 janvier et une journée de transport nous attend. Tout d'abord, on sort de la cabane d'Henry pour prendre, sur la route, un combi (1,5 soles) qui nous amène à Tumbes. Ensuite, on doit marcher un quart d'heure pour trouver la compagnie de bus Cifa que nous avait indiqué Henry. On savait qu'il partait à 10h et on a un peu d'avance. Pour 21 soles, on quitte le Pérou et on se rend à Machala, un tout petit peu après la frontière équatorienne que l'on passera sans encombres et assez rapidement (fouilles de quelques sacs juste un peu plus loin). Puis, aux alentours de midi, notre bus s'arrête de nouveau et la personne qui gère les bagages en soute et le paiement des passagers nous dit que le bus qui est de l'autre coté de la grande route est pour Cuenca. On se dépêche de traverser les 3 voies qui sont devant nous et on monte dans ce bus à la volée (6 dollars : ah, oui, ici, la monnaie, c'est le dollar américain !).

Le trajet est de 4-5h. On se rend compte très vite que l'on n'a pas géré au niveau du repas. On pensait soit s'acheter quelque chose après la frontière (raté, vu qu'on est montés tout de suite dans un bus) soit espérer que des bonnes femmes rentrent dans le bus pour nous vendre quelque chose comme presque partout en Amérique du sud. Au final, on se débrouillera avec quelques biscuits et des empanadas sucrés (oui, oui!!) achetées dans le bus. D'ailleurs, chose curieuse, comme dans certains bus au Chili, il y a le wifi...bon, certes le skype ne sera pas fabuleux, mais quand même, c'est assez marrant. Très vite, on commence à grimper dans la montagne et le paysage est vraiment sympa et super changeant Au début, c'était un peu la forêt tropicale avec les bananiers de partout, puis ensuite, plus on monte, plus on est dans le brouillard...Oh, c'est un peu radical comme changement, on est en tong en plus. On craint donc le pire pour la suite.

Mais finalement, quand on débarque à Cuenca, c'est plutôt ensoleillé et il fait assez bon pour une ville perchée à 2 100 m d'altitude. On marchera un peu trop longtemps jusqu'à l'auberge que l'on avait repérée sur le guide. Nelly voulait un endroit propre, au calme, confortable et bien elle a été entendue. Pour 24 dollars la nuit, on a tout ça avec la cuisine (super propre et bien équipée), le wifi et chose inhabituelle pour nous, on nous prête des serviettes. Et ce détail ne sera pas sans importance puisque cela nous permettra d'aller enfin laver les nôtres. Parfait, il y a une laverie juste en face de l'auberge (la Posada del Rio).

Nos premières impressions sur cette ville sont bonnes. Tout d'abord, finis les coups de klaxons toutes les 2 secondes comme au Pérou. Et puis, tout est beaucoup plus propre : on a l'impression que le pays n'est pas pauvre. En tout cas, ça ressemble plus à ce qu'on est habitué de voir au Chili (infrastructures, voitures, bâtiments, etc...). En revanche, il nous faudra quelques (pas mal) de minutes pour nous habituer aux pièces (il y a des pièces différentes pour la même valeur : 1 dime = 10 centivos, 1quater = 25 centivos... et la taille des pièces ne reflète pas toujours leur valeur). Autre chose aussi, ici, on ne parle pas de kilogrammes mais de libras : lbs (la mesure américaine) : on mettra du temps à nous y faire et heureusement, internet est une bonne aide pour faire les conversions. Bon, malheureusement, cette fois-ci , c'est Nico qui a la « turista » : changement climatique ? eau de Tumbes ? Va savoir, mais en tout cas, maintenant, il va faire comme Nelly : boire de l'eau en bouteille. En revanche, il est quand même moins mal que Nelly à Trujillo.

Après avoir passé une bonne nuit au chaud (et oui, retour des couettes...radical changement encore!), le lendemain (jeudi 28 janvier) sera consacré à la visite de cette charmante ville qui nous a carrément plu. On a de la chance, il fait beau (le temps pour nous de passer la journée en tong et de soigner les transitions) même si quelques nuages feront leur apparition au cours de la journée. On marchera donc toute la journée à travers la ville. Comme à l'île Chiloé, il y a énormément d'églises, ce qui nous occupera un bon moment. On rentrera dans 3 musées (gratuits) : le musée d'art moderne (ne vaut absolument pas le détour), le musée Manuel Landivar (quelques bibelots sans intérêts puis un petit tour dans les ruines d'à côté...vraiment en ruines) puis le meilleur, le musée « Pumapungo » où le principal attrait réside dans son étage consacré à l'histoire ethnographique des peuples équatoriens (très bien fait avec des personnages représentés en grandeur réelle et des panneaux explicatifs).

C'est une ville aussi où il y a beaucoup de places (donc des marchés artisanaux à certains endroits) et de parcs. On prendra forcément aussi quelques photos à côté de la rivière qui traverse la ville (bien plus jolie que le Mapocho à Santiago). Comme notre guide nous le conseillait, on ira prendre un peu de hauteur (à 4km au sud de la ville) afin de se rendre au « mirador Turi ». On a une belle vue sur la ville. Bon, pour nous, il y a un peu de nuages et sans doute, pour le coucher de soleil, c'est mieux. Pour y aller, il suffit de prendre un bus dans l'avenue Solano pour 0,25 dollars. Certains locaux paient avec une carte (comme à Santiago) mais beaucoup paient en pièce. Et leur système est assez drôle (et rapide aussi) : il suffit d'injecter la somme exacte dans une machine en rentrant (un bip sonore différent vous indique si vous avez bien payé ou s'il manque des sous). Globalement, tout le monde a l'air de payer : pas de fraude comme à Santiago (en même temps, les bus sont moins bondés, ici).

C'est une ville aussi où il y a au moins 3 grands marchés couverts (attention, à 18h30, les grilles ferment juste avant la tombée de la nuit : on a failli se faire avoir le premier jour). Et là, quel bonheur de voir de jolis fruits et légumes sans mouches qui tournent autour. C'est plus sain mais forcément, aussi, c'est plus cher : ça nous change du Pérou et on se rapproche de ce qu'on peut obtenir en France (pour nous réhabituer!). Ce qui est top aussi, c'est qu'on trouve des viennoiseries (ce n'est pas les croissants et pains au chocolats français mais c'est déjà pas mal) pour notre petit déjeuner : ça changera des éternels biscuits. Le soir, on ne fera pas long feu après avoir rattrappé un peu notre retard sur le blog suite à cette histoire de câble d'appareil photo (le câble donné par Henry et la batterie achetée à Tumbes fonctionnent à merveille et c'est un soulagement que cette histoire prenne fin, surtout pour Nelly qui peut enfin de nouveau mitrailler dans tous les sens).

Le lendemain, vendredi 29 janvier, on mettra notre réveil à 6h30 afin d'avoir le temps de faire nos sacs et de ne pas rater le bus en direction du parc Cajas notre destination pour la journée. Dans notre guide, c'est écrit que c'est un des plus beaux parcs d'Equateur et pour être honnête, il est vraiment joli. On partira autour des 8h30 pour arriver autour des 10h au centre d'information du parc. On peut aussi faire parti d'une excursion en groupe, mais franchement, c'est super simple de se débrouiller seul (plus sympa et plus économique). Le bus coûte 2 dollars et au centre d'information, on s'enregistre (bizarrement, on ne paie pas le droit d'entrée contrairement à ce qui est indiquée dans le guide) puis on vous présente les différents sentiers possibles. Malheureusement, comme à Cuenca, le temps est nuageux (seules quelques timides éclaircies font leur apparition).

En 3h (au lieu de 3h50), on fera la boucle du sentier 2 qui est annoncée comme étant difficile...On comprendra vite pourquoi. Le dénivelé n'est que de 300m mais à 4 000 m d'altitude (on ne le savait pas avant d'y aller), tout effort est difficile, et ça grimpe à pic (c'est presque de l'escalade). Au début, presque après être sortis du centre d'information, on commence par la partie la moins agréable puisqu'on fait 1km de marche sur la route environ. Puis après, on a à peine le temps de s'échauffer qu'on commence à grimper...et ça grimpe. Mais de là haut, la vue est vraiment sympa (on se dit qu'avec le soleil, ça doit être vraiment magnifique). Puis forcément, vient la descente...On a déjà fait plus casse-gueule mais ce n'est pas simple quand même. Juste avant d'arriver au point de départ, il se met à flotter légèrement puis grêler même, mais heureusement à peine quelques secondes. On décide donc d'aller manger notre pique-nique à l'intérieur (on ne sait pas si on a le droit mais on le prendra...en même temps, Nelly consommera un (excellent) chocolat chaud après pour se réchauffer car il fait beaucoup plus froid que dehors où en marchant, on se réchauffe vite). En tout cas, même si ce n'est pas une balade du dimanche, ça vaut carrément le coup de la faire : il y a de jolis points de vues sur les différentes lagunes et sur les montagnes environnantes et de jolies plantes grasses (voir photos).

Il n'est que 14h : il ne pleut plu et il y a même quelques timides éclaircies au loin. Etant donné qu'on a toute la journée, on décide de prolonger l'aventure dans ce parc bien sympa en faisant le sentier 1. Cette fois-ci, la rando est plus tranquille : seulement 100 m de dénivelé. Et elle est bien complémentaire par rapport à l'autre. Les paysages sont même un peu plus variés. En théorie, il suffit de suivre les traces roses (pour la première, c'était le vert et c'était super bien indiqué). Mais, à un moment donné, on se rendra compte qu'il n'y a plus les balises. Du coup, on s'arrête et on regarde l'application Maps.me qui nous géolocalise. Comme les chemins de randonnée sont visibles, on s'aperçoit qu'on n'est plus sur le chemin. Le plus simple aurait été de faire demi-tour, mais non, on va passer par ailleurs. Au final, on retrouvera bien nos traces roses mais Nico en profitera aussi pour mettre les pieds dans l'eau en glissant sur une pierre afin de traverser une toute petite rivière. Et quelques minutes plus tard, il mettra le pied droit dans la boue (ça fera bien marer Nelly qui n'aura les pieds que légèrement mouillés à cause de la nombreuse mousse humide). Et comme rien ne veut aller comme il faut, voilà qu'il se met à pleuvoir...et pas qu'un peu. On est obligés de sortir nos parapluies (grosse erreur de ne pas avoir pris les ponchos ou les protèges-sacs car nos sacs à dos (et nous) seront bien trempés. Nelly aura de nouveau son fou-rire nerveux en regardant son chéri et son pauvre parapluie tout cassé qui ne cesse de se retourner. On finira donc la dernière heure de marche (au moins) sous la pluie battante, et là, il va se passer quelque chose que l'on n'avait pas prévu.

Normalement, on est censés arriver sur la route au niveau d'un parking et d'un poste de contrôle (afin d'enregistrer notre sortie). Mais en fait, on se retrouve « un peu » plus bas (4 virages en dessous)...on a du de nouveau se tromper mais comme il y avait les traces roses aussi, on ne s'en est pas rendu compte. On essaie de faire du stop mais comme les gens roulent comme des fous, ils n'ont pas le temps de s'arrêter. Du coup, on décide de marcher le long de la route pour essayer de trouver ce foutu parking un peu plus haut. Juste un petit peu avant, on se pose pour faire signe au bus de s'arrêter et de retenter le stop...mais sans succès. Alors qu'on commence à se décourager et qu'on se donne encore une dizaine de minutes avant de continuer notre montée sous la pluie, voilà qu'un pick- up s'arrête.Pourtant, il est complet.Mais, pas de problème, il nous fera monter derrière sous la bâche : nous voilà donc lancés à file allure (car il roule vite, lui aussi) dans le noir (pas tant que ça en fait) à l'arrière d'un pick-up. Durant le trajet, ça secoue pas mal entre les virages et les dodanes : Nelly s'accroche à Nico mais on s'en sortira bien. Le mec nous déposera à l'entrée de la ville, nous permettant de prendre un bus de ville afin d'aller au terminal.

Arrivés là-bas, la première chose que l'on fera, ça sera d'aller récupérer nos gros sacs à dos qu'on a laissés le matin-même au bureau de la compagnie, afin de se changer. Autant nos pantalons ont séchés mais pas les tee-shirts ni les chaussures et chaussettes. On sera d'ailleurs très drôles avec nos tongs et nos chaussettes de ski (c'est là que Nico se dit qu'il a bien fait de casser les siennes et d'en acheter sans le bitougnou dans les orteils). Vu que notre bus de nuit n'est qu'à 23h15 et qu'il est autour des 18h passées, on a du temps devant nous : blog, scrabble, tri des photos sans oublier de manger pour 5 dollars à 2 dans un petit restaurant du terminal (selon Nico, c'est meilleur qu'au Pérou dans ce genre de boui-boui, pour Nelly, c'est assez similaire).

Et voilà, on part de Cuenca après y être restés 2 nuits. On aurait pu aussi aller faire une excursion à Ingapirca (non loin) afin d'aller voir des ruines (mais avec Trujillo, on en a eu notre dose) et aller faire le tour de petits villages (Gualaceo, Chordeleg et Sigsig) pour voir les marchés artisanaux (mais comme on va aller à Otavalo plus tard, on en voyait pas l'intérêt juste pour cela). En tout cas, cette région en pleine Sierra du sud nous a bien plu... Maintenant, on remonte plus au nord, tout en restant dans les montagnes, mais pour aller où ? Vous le saurez en lisant la suite...

A bientôt

Nelly et Nico

 

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