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Jeudi 3 mars 2016, il est autour de 6h30 du matin quand nous arrivons à Loja : notre dernière étape de notre séjour en Equateur. Comme souvent dans ce pays, le bus arrive au terminal terrestre avec 1h d'avance alors qu'il est parti avec 15min de retard. Malgré cette course folle et bien que les sièges ne s'inclinent toujours pas et qu'on ait pas beaucoup de place pour les jambes, on a quand même mieux dormi que les fois précédentes. Etant donné qu'on est en avance, on prendra bien notre temps pour déjeuner sur un banc dans la gare routière et on en profitera aussi pour acheter nos billets pour Piura, au Pérou (départ dimanche, à 7h pour 14 dollars chacun). Ensuite, on prendra un bus (métrobus comme à Quito) qui va à 4km au sud de la ville, en passant par le centre. A peine 30 min plus tard, on est devant l'appartement de Diego, notre hôte Couchsurfing que l'on croisera dans la rue (il allait s'acheter son petit déj' et nous, avec nos gros sacs, on est vite repérable). Chez lui, une famille bulgare est en train de faire ses valises : on prend donc leur place (on dormira dans un coin du salon). Là encore, on a l'impression que beaucoup de gens défilent chez lui et sa femme. Le premier contact est bon : il a l'air très sympa. On discute un moment puis on part avec lui en direction du local que gère sa femme (c'est elle la gérante et il n'y a pas d'employé : il lui apporte son petit déj' avant d'aller travailler). On fait vite connaissance, ils nous passent un jeu de clés puis on part explorer le centre de cette petite ville.

Comme le dit notre guide, ce n'est pas bien grand et on en fera vite le tour. On trouve que la ville est propre, calme et paisible à vivre même si la météo est moyenne (correcte en journée, température douce puis pluie en fin de journée quasiment tous les jours). On passera devant des églises, des jolies places et on arpentera la très vieille rue bien colorée de la ville (« Lourdes »). On terminera notre petit tour par la porte de la ville, ayant un air de chateau avec le drapeau de l'Equateur qui flotte au vent. Normalement, on peut visiter ce monument gratuitement, mais là, malheureusement pour nous, il est en manutention jusqu'à la fin du mois. Maintenant, il ne nous reste plus qu'à faire quelques courses pour les 3 jours et manger dans le marché. L'après-midi, on ira prendre un peu de hauteur en se rendant à pied, au « Pedestal », un point de vue sympa sur la ville. Et voilà, il est 16h et on a largement fait le tour de Loja : on décide de rentrer pour se reposer, surtout qu'en plus, il se met à pleuvoir (Nico a osé sortir les tongs et voilà qu'il pleut, comme à Guayaquil).

Le soir, on décidera de préparer à manger pour tout le monde. Au menu, ce sera crêpes salées et sucrées. On mangera super tard car Diego ne rentre pas avant 22h15 (il est serveur dans un restaurant) tandis que sa femme revient à peine 2h plus tôt (avec sa gamine d'un an et demi). Le temps de la coucher, il est 23h passé quand on passe à table.Ils sont super gentils mais ils mènent une vie de fou (c'est là qu'on se rend compte qu'on est extrêmement chanceux). Diego travaille 6 jours sur 7 de 12h à 22h (le mardi, c'est son « jour de repos » qu'il passe généralement à aider sa femme dans son magasin) tandis que celle-ci bosse tous les jours de 8h à 20h (mais c'est variable, vu que c'est son local et le w-e, elle ouvre que l'aprem). Ils ont donc très peu de jours de repos (Diego a 2 semaines de vacances seulement) : on essaie de les aider comme on peut, en leur préparant à manger par exemple, même s'il est très tard pour nous. A minuit, on va se coucher : on est crevés et eux aussi.

Le lendemain,vendredi 4 mars 2016, on décide de mettre le réveil un peu après 7h. Et malheureusement, quand on arrivera au terminal terrestre pour prendre le bus en direction de Zamora, on nous apprendra qu'il est parti il y a 20 min. Et le pire, c'est que le prochain n'est qu'à 11h (ce qui ne correspond pas aux horaires affichées). On souhaitait aller au parc Podocarpus par cette entrée-là (il y en a 2 autres) sur les conseils de Diego même si le trajet est plus long. Du coup, on ne peut pas se permettre d'attendre : on décide de changer nos plans. On va aujourd'hui à Vilcabamba et demain, on prendra le bus de 8h30 pour Zamora. Pour Vilcabamba, c'est pratique, il y a des bus toutes les 15 min : on prendra celui de 9h. Environ une heure plus tard, on se retrouve dans ce charmant petit village mais un peu trop touristique, niché dans la vallée verdoyante. On se renseigne sur les randos à faire à la journée dans le coin, à l'office du tourisme : on jette notre dévolue sur celle qui monte au Marango (4h aller/retour) afin de prendre de la hauteur (conseillée aussi par notre guide).

Pour trouver le départ du sentier, ça ne sera pas simple mais on y arrivera avec les gens qui vivent sur place. Tout d'abord, il faut longer la route principale vers le sud (donc en montant), ensuite, il faut tourner sur la droite juste avant un virage (c'est écrit « Mandango » sur le mur, attention, c'est un peu effacé, on peut facilement ne pas le voir). Mais, après, ça se complique : sans l'aide des gens, on ne serait pas partis dans la bonne direction (pourtant, on ne leur a rien demandé, quelle gentillesse !) . Il suffit de suivre le chemin qui monte puis ouvrir le petit portail sur la gauche qui semble mener à un jardin privé. Dans le guide, il est écrit qu'on passe par une propriété privée et que donc, il faut s'acquitter d'un droit d'entrée d'1,5 dollars : à aucun moment, on nous demandera quoique ce soit.

Tout le long du parcours jusqu'au premier mirador, ça grimpe mais de manière assez tranquille. Il se mettra à pleuvoir mais, heureusement, pas longtemps et ensuite, plus on avancera, plus il y aura des éclaircies (surtout sur le retour : on prendra même quelques coups de soleil très légers). La rando est très agréable et en plus, aucun touriste (on est seuls, on ne croisera qu'un mec au retour). En 1h30, on est au niveau du premier mirador et on apprécie le paysage que l'on voit : plein de papillons nous tournent autour mais ils vont tellement vite que Nelly a beaucoup de peine à les photographier. Elle leur parle mais sans succès, ce qui fait bien rire Nico. Et oui, s'il suffisait de leur demander de se poser ailes ouvertes pour qu'ils le fassent, ça se saurait...

Vu qu'il n'est pas tard et qu'on a le temps, on décide de poursuivre l'aventure jusqu'au deuxième mirador. Autant la vue est sympa d'en haut, autant pour y aller, ce n'est pas simple. Parfois, on fera presque de l'escalade et sur la fin, on passera sur un chemin très étroit (à peine la place pour les pieds) à flanc de montagne, ce qui fera assez peur à Nelly. On reprendra nos esprits en haut et on y mangera pour reprendre des forces  avant de redescendre par le même chemin : ça s'avèrera moins dur que prévu même si ça glissait un peu. Après ce petit stress, on redescendra jusqu'au premier mirador, puis, ensuite, c'est plus tranquille jusqu'au village (pas sûr que cette 2ème partie en vaut vraiment la chandelle : au 1er mirador, on a déjà un joli point de vue). Il est autour de 15h quand on arrive en bas mais comme il se met à pleuvoir (et pas qu'un peu, même si ce sont juste des averses), on décide de rentrer maintenant sur Loja et ne pas s'éterniser dans le village.
Le soir, de nouveau, on attendra nos hôtes et on préparera le repas. Mais, malheureusement, à 22h30, personne n'est encore rentrée : on décide donc de manger sans eux. Juste avant d'aller se coucher, un peu après 23h, la nana rentre précipitament avec la gamine dans les bras mais on obtiendra aucune explication. Diego rentrera bien plus tard mais on dort déjà : bizarre !

Le lendemain, samedi 5 mars 2016, il est 8h20 quand on se pointe au guichet pour prendre le bus en direction de Zamora : problème, un panneau nous informe qu'il n'y en a pas. La nana au guichet ne nous donne aucune explication mais nous confirme bien qu'il n'y a aucun bus pour Zamora. Décidément, nous n'avons pas de chance avec cette destination. C'est dommage, Diego nous en avait tellement dit du bien. On est donc obligés de changer nos plans : on ira quand même au parc Podocarpus mais par une autre entrée : celle de Cajamuna (orthographe à vérifier). C'est plus proche de Loja mais pour y aller, il faut prendre un taxi. Le chauffeur nous demande 15 dollars pour nous amener jusqu'au départ des sentiers de randonnée, au niveau du refuge. C'est le prix maximum : sur le guide, il est écrit que ça coûte autour de 10 dollars. On refuse donc sa proposition et on attend : comme souvent, quelques minutes plus tard, il descend son prix à 10 dollars, qu'on accepte.

Le trajet dure environ 45 min dont 20 min de montée sur un chemin plus ou moins cahotique qu'on empruntera après s'être enregistrés à l'entrée du parc (c'est gratuit alors que dans le guide, il est écrit que c'est payant : ça a peut être changé ou ça dépend peut-être de la saison, va savoir!). D'ailleurs, pendant que Nico discute avec le garde forestier, le chauffeur de taxi apprendra à Nelly que la route menant à Zamora est bloquée en raison des alluvions (il a plu encore cette nuit) : heureusement qu'on n'a pas pris ce bus, on aurait pu être bloqué à n'importe quel moment.

Arrivés là-haut, à 2 600m d'altitude, il fait un peu frais et il pleut : on sort donc veste, panchos et parapluies (heureusement que Nico en a acheté un autre la veille car le sien était vraiment dans un sale état : voyons voir combien de temps il va durer celui-là). On ne nous conseille pas de faire la boucle de 5km en raison de la météo (ça monte beaucoup, du coup, ça doit glisser). De toute façon, ce n'était pas ce qu'on voulait faire : on va aller faire les 2 petites boucles, en partant sur la gauche, après le refuge. La première dure 15 min et est bien ludique avec de nombreuses questions sur la faune et la flore. On fera la 2ème sur le retour car un panneau nous informe qu'il n'y a qu'un seul kilomètre pour aller jusqu'au mirador : du coup, on y va (et en plus, la pluie s'est arrêtée). Ca grimpe plus mais ça le fait largement : à nous aussi de faire attention à ne pas trop mettre les pieds dans la boue. 30 min plus tard, on est en haut, à 2 900m : il y a des nuages autour de nous mais on aperçoit Loja au loin ainsi que quelques montagnes aux alentours. Il y a même un arc-en-ciel qui nous donne plein d'espoir sur la suite. 3 autres touristes (anglophones) arrivent aussi : ils sont aussi fous que nous pour randonner avec ce temps. On entreprendra, par la suite, la descente jusqu'au refuge où on pique-niquera à l'abri même s'il fait froid, après avoir récupérés nos sacs à dos qu'on avait laissé au garde forestier afin de s'alléger.

Il est 13h quand on décide de partir : il ne nous reste plus qu'à descendre les 8,5km que l'on a monté en taxi il y a quelques heures. Le chemin est assez agréable, surtout qu'en plus, le soleil fait son apparition. On croisera quelques jeunes qui font le trajet inverse : ils vont sans doute dormir au refuge (3 dollars la nuit) et n'ont pas voulu payer un taxi pour monter. Nous, on ne regrette pas notre choix : faire 2 fois ce chemin aurait été une perte de temps et d'effort inutiles. A la descente, c'est beaucoup mieux. Comme lors des précédents sentiers, Nelly se régalera à faire quelques poses photos : entre les plantes et les gros insectes, elle est servie. On mettra un peu plus de 2h pour arriver jusqu'à la route en y allant tranquillement, sans se presser. Il ne nous reste plus qu'à prendre un bus mais aucun ne veut s'arrêter (selon le flic, ils sont complets). Du coup, on tente le stop et ça fonctionnera : un couple d'équatoriens s'arrêtera. Le gars est très bavard et nous posera plein de questions : c'est agréable. Comme souvent, il nous demandera si on aime sa ville et son pays.

On rentrera donc plus tôt que prévu (là encore, si on avait su, on aurait mis notre réveil bien plus tard mais ce n'est pas grave) : on en profitera pour se reposer, trier les photos (car il y en a pas mal, comme à chaque fois), faire les sacs et écrire des cartes postales. Le soir, on mangera tous les deux : on n'attendra pas Diego et sa femme car le lendemain, on doit se lever à 5h30. La nana rentrera plus tôt que la veille (on discutera à peine) mais on n'apercevra pas Diego. On leur laissera un restant de ratatouille/quinoa. Au final, on est encore mitigés sur cette expérience « Couchsurfing ». Ils avaient l'air bien gentils mais nos horaires n'étaient pas compatibles : impossible pour nous de veiller tous les soirs jusqu'à minuit avec les journées qu'on se fait. Par ailleurs, c'est Diego qui est inscrit à Couchsurfing avant de connaître sa femme : pas sûr qu'il continue bien longtemps car on a eu l'impression que ça n'emballait pas trop cette dernière... Si notre bus n'avait pas été à 7h du mat', on aurait bien mangé avec eux.

Le lendemain, dimanche 6 mars 2016, on est à l'arrêt de bus, à 6h. On craint qu'aucun ne passe (Nico avait vu qu'il y en avait à partir de 5h45 mais on ne sait jamais). Mais,finalement,10 min plus tard, un bus arrive et nous amène au terminal terrestre. C'est là-bas qu'on déjeunera, au même endroit qu'à l'aller, sur un banc, et qu'on mangera sans doute nos derniers croissants avant le retour en France (les viennoiseries ne sont pas la spécialité des autres pays qui nous restent à visiter). Le bus partira à l'heure, à 7h. A tour de rôle ou presque, on continuera notre nuit. On observera aussi le paysage qui est très vert. Sur le parcours, le chauffeur évitera brebis, vaches et des grosses pierres qui sont tombées sur la route. Le trajet est assez long et tortueux jusqu'au poste de frontière, juste après Macara : d'ailleurs, pas loin de nous, une bonne femme est en train de vomir tout ce qu'elle peut. Les sacs qu'ils fournissent à chaque siège (pas tout le temps mais très souvent) ne sont pas inutiles. Quelquefois, ça nous sert aussi mais pour faire une poubelle.

Vers midi, on passera la frontière pour remplir les formalités : c'est long, le temps que tout le monde passe mais bien plus rapide que quand on passe la frontière chilienne où il faut montrer les sacs. Entre les deux douanes, il faut marcher environ 300 m puis le bus nous récupère. On quitte donc officiellement ce si beau pays qu'est l'Equateur où on y sera restés 38 jours. On aura adoré et on ne regrettera pas d'y être allés : ses nombreuses boulangeries vont nous manquer pour la suite du voyage ainsi que ses paysages fabuleux. C'est un pays qui a beaucoup évolué si on écoute les gens : aujourd'hui, il est sûr, stable économiquement (même si la baisse du prix du pétrole lui fait du mal) et on a aimé trouver des produits sains. Maintenant, on retourne au Pérou où normalement, c'est une toute autre histoire. Normalement, à partir de la frontière équatorienne/peruvienne, il nous reste encore 3h de trajet (merci le scrabble pour faire passer le temps) jusqu'à Piura qui n'est, en plus, pas notre destination finale.

A bientôt

Nelly et Nico