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Samedi 9 avril 2016, il est 13h30 quand nous arrivons au terminal de bus de Salta située à 30 min à pied du centre. Cette ville est surnommée « la belle » car c'est une des plus jolies d'Argentine : voyons voir si elle mérite ce surnom. Déjà, le temps n'est pas en sa faveur : il fait gris mais au moins, il ne pleut pas comme à Jujuy. Nelly restera un petit moment au terminal de bus, s'occupant du blog, pendant que Nico ira à la recherche d'une auberge de jeunesse. Il n'ira pas jusqu'au centre afin de ne pas trop s'éloigner du terminal. Au final, on atterrira à « l'hostal Santo Palo (Lavalle, 680, à 15 min du terminal et 20 de la place centrale, à pied) ». Les quelques adresses qu'on avait par le guide de voyage ont changé de propriétaire : on a bien fait de prendre le flyer d'un mec qui nous a sauté dessus en descendant du bus (faut toujours les écouter). Pour 100 pesos chacun, on est en dortoir de 4. La chambre est petite mais il y a des casiers personnels (ça, c'est un bon point). C'est assez grand : il y a une cuisine, une grande table pour manger, un salon et un bon wifi seulement dans la salle commune. Et il y a même une piscine extérieure : malheureusement, vu le temps, on en profitera pas.

Comme on a mangé dans le bus, une fois qu'on s'est installés, on peut partir en direction du centre. On a plein de choses à régler : tout d'abord, il faut qu'on trouve un endroit pour laver notre linge. Les indications que l'on a de l'auberge ne sont pas bonnes mais, dans la rue San Juan, on nous indiquera un endroit non loin : c'est un peu cher (160 pesos, nos 3 pauvres petits sacs) mais on n'a pas le choix. C'est ouvert tous les jours et notre linge reviendra lavé, séché et plié le lendemain : un dimanche. 2ème objectif : changer de l'argent. Sur la place, à l'angle de la rue « Espana », il y a un mec assis sur un tabouret : avant même de savoir, Nico est sûr que lui, il vend des pesos argentins. Au début, il nous annonce un taux de change à 14,50 pesos pour un dollar, ce qui correspond au taux officiel. Nico n'est pas d'accord (on l'a eu à 14,75 à Huamuaca) : comme on veut échanger 600 dollars (pour être tranquille après), il propose finalement 14,80, ce qu'on accepte. Le marché parallèle (« Blue dollar ») est normalement terminé mais il y a encore des mecs comme lui qui continuent. Avant, on gagnait 50% par rapport au taux officiel, aujourd'hui, à peine plus. Pour nous, ça ne change pas grand chose : c'est comme avant vu que la monnaie a été réévaluée. Ensuite, direction les courses : on tombera même sur un « Carrefour » mais sans les produits français : c'est juste le nom du magasin qui est français (dommage, Nelly aurait bien acheté du chocolat carrefour discount). On s'étonnera que les rues soient aussi désertes un samedi aprem : en effet, il n'y a pas un chat, c'est hallucinant... Mais cela ne va pas durer. La grande majorité des magasins ferme entre 13h et 17h et réouvre après jusqu'à 21 ou 22h. A la sortie du Carrefour, incroyable le monde qu'il y aura dans la rue (aussi bien sur les trottoirs que sur la route): c'était comme si les gens avaient surgis de nulle part et s'étaient donné rendez-vous dans le centre, à partir de 17h. Nico rentrera à l'auberge tandis que Nelly en profitera pour faire un peu les magasins.

Dimanche 10 avril, on n'est pas pressés et aujourd'hui, pas besoin de réveil. On décollera seulement vers 10h30. Dans les rues, comme la veille, c'est mort : tout est fermé et il n'y a pas grand monde. En revanche, le musée d'histoire de la région (sur la place) que l'on veut visiter est ouvert jusqu'à 13h30. L'entrée coûte 20 pesos et la visite se fait librement, sans guide : il y a pas mal d'explications. Il se décompose en 3 parties : une sur l'archéologie, une sur les tableaux et une dernière sur l'histoire de la ville. On a plus accroché sur la dernière partie. Au final, on ne ressort ni déçu ni en extase : ça se visite mais ce n'est pas immanquable, même si le balcon donnant sur la place principale et les cours extérieures sont plutôt sympas pour faire de belles photos. Il y a un autre musée, située non loin, le MAAM, mais Nico n'est pas du tout emballé pour aller se perdre au milieu de bibelots, d'outils et de pierres archéologiques. Vous l'aurez compris, il a eu sa dose d'archéologie et on ne peut pas dire que ça le passionne (Nelly pas plus que ça, non plus). Du coup, on filera en direction d'un marché artisanal différent de ce qu'on voit actuellement qui n'est présent que les dimanches, juste en-dessous de la station de train. Au passage, on se mangera des mini empanadas bien bonnes : ici, ils appellent ça « des Saltenas » (spécialité de la ville). Pour nous, c'est toujours celles de Santiago qu'on préfère ! On finira par une bonne glace pour 2 : en Argentine, ils en font des biens bonnes chez la chaine « Helado Grido », la même qu'à Tilcara (ça change du Pérou ou de la Bolivie  où d'après Nelly, elles ne sont pas terribles). Comme on a le temps, on fera aussi quelques caches : et là, miracle, sur 3 cherchées, 3 trouvées ! Vu qu'il fait tout gris (mais ouf, pas de pluie et pas froid), on n'ira pas prendre le téléphérique pour avoir un point de vue sur la ville. Comme la veille, Nico rentrera à l'auberge tandis que Nelly profitera tranquillement du marché artisanal classique non loin de l'hostal.

Lundi 11 avril, il est 6h quand le réveil sonne. On s'active pour fignoller nos sacs et partir. Dehors, il pluviotte : il faut donc protéger les sacs. A 6h40, on est déjà au terminal pour prendre le bus en direction de Cachi qui part à 7h. La veille, on avait voulu réserver nos billets mais impossible de le faire : le guichet était fermé. En fait, pas de stress, on paie directement dans le bus (135 pesos). Néanmoins, il vaut mieux ne pas arriver trop tard si on veut avoir une place assise : le couloir sera complet et le trajet est assez long (4h sont annoncés). On quitte donc Salta pour laquelle on n'a pas vraiment eu de coup de coeur, même si elle possède de nombreux et beaux parcs, les nuages ne l'ayant pas aidée. On a aussi fait le choix de ne pas faire l'attraction touristique phare « le train des nuages ». Tout d'abord, il ne part que les samedis (on n'allait pas attendre une semaine rien que pour ça). Deuxièmement, c'est très cher : 120 dollars pour faire du train avec seulement 2-3 pauses pour prendre des photos. Nico n'est pas convaincu et n'est pas du tout persuadé de voir des paysages extraordinaires : il a peur d'être déçu surtout après ce qu'on vient de voir dans la vallée de Huamuaca. Nelly l'aurait bien fait si ça aurait été moins cher. Notre guide de voyage n'en fait pas non plus une grande pub mais conseille fortement de se rendre à Cachi pour faire la vallée de Calchaquies, ce que nous avons bien l'intention de faire. Dans cette région de l'Argentine, on a parfois l'impression d'un retour dans le temps avec ces écoliers en blouse blanche, ces vieilles bagnoles des années 70, ou 80 qui roulent encore et ces deux roues dont le conducteur et le ou les passagers sont sans casque. Comme a Rurrenabaque, ils sont parfois 3 ou 4 dessus (avec par moment un petit chien en prime).

Nelly n'aime pas être pressée le matin et n'est donc pas très réveillée : elle essaiera tant bien que mal de dormir un peu pendant le début du trajet. Ce n'est pas simple car il fait un froid glacial à l'intérieur : on n'a pas de chance, on est au fond du bus et la vitre de derrière est cassée. On part donc sous les nuages et plus on avance, plus c'est pire : Nico regarde le paysage mais ne voit rien puisqu'on sera très vite dans le brouillard et ça sera le cas jusqu'en haut du col, à 4 000m d'altitude. On se demande bien ce qu'on fait ici. Une fois le col passé, on aperçoit enfin du ciel bleu et le début de la vallée s'offre à nous avec des montagnes, des cactus, des jardins de piments, etc... ça a du charme mais ça n'a rien d'exceptionnel. Vers 11h30, on débarque à Cachi. On file au camping (10min à pied, sur les hauteurs du village) et on s'installe. Pour 30 pesos/pers., ce n'est vraiment pas cher : il y a beaucoup de place, pour une fois, c'est de l'herbe et il y a de l'ombre. Les sanitaires sont immenses et les douches sont chaudes. Si on veut de l'électricité, il faut prendre d'autres emplacements (plus chers, 50 pesos mais sans herbes). Nelly est fatiguée et après avoir mangé, elle fera une petite sieste au soleil, dans l'herbe. Pendant ce temps, Nico ira à la chasse aux infos à l'office de tourisme de ce petit village bien mort. Au final, il reviendra avec peu d'infos : il n'y a pas grand chose à faire ici, juste quelques miradors pour prendre un peu de hauteur. Sans se presser, on se rendra donc au mirador à l'ouest du village et au cimetière qui surplombe le village, au nord (avec la compagnie... ... d'un chien biensûr !). Bref, rien d'extraordinaire : on a tellement vu plus joli dans la Quebrada de Huamuaca qu'on reste un peu sur notre faim. On fera un petit tour sur la place qui n'est pas non plus extraordinaire : on se calera un peu sur un banc, au soleil (ça c'est cool car à Salta on ne l'avait pas beaucoup eu), en attendant que les commerces ouvrent pour s'acheter de quoi manger pour le soir. Et oui, encore une fois, il faut attendre 17h30. On mangera dehors mais avec les vestes, ça ira !

Mardi 12 avril, on ne se pressera pas pour se lever : il fait grand beau et on appréciera le p'tit déj au soleil. L'aventure commence maintenant (une fois la tente pliée, les sacs faits). En effet, le mardi, il n'y a pas de bus qui va à Angastaco, notre prochaine destination, dans la vallée de Calchaquies (mais le mercredi, oui). On va donc tester le stop : on a 90 km à parcourir sur une route de terre. Il est 10h30 quand on se positionne au bord de la route, vers la sortie du village. Quelques bonnes minutes plus tard, une voiture s'arrête : ce sont nos voisins de tente (un couple de retraités argentins, anciens profs d'EPS) : ils nous proposent de nous amener un peu plus loin, à Seclantas. On hésite mais finalement, on refusera poliment car c'est un peu en décalage par rapport à la route principale : on a peur d'être bloqués là-bas. Le mec est super sympa mais on n'accroche pas du tout avec sa femme d'origine ukranienne au regard froid et de plus on n'a pas du tout aimé sa façon de nous parler la veille, nous disant que la table en face de notre tente (et de la leur aussi) était « leur table ». Enfin, bref, on va patienter : le gars nous dit que ça devrait le faire car il y a plein de voitures qui passent... Hum, il n'y a pas foule qui passe mais quelques voitures de temps en temps (la plupart du temps : de vieux tacots conduits par des gens du coin qui ne vont pas très loin). Un petit peu plus tard, un camping-car s'arrêtera aussi : c'est le couple d'allemands qui était lui aussi au camping avec nous. Ils nous informent, d'un air désolé, qu'ils n'ont pas de place pour nous (on doute vu la taille du camion mais peut-être n'ont-ils pas envie qu'on passe le trajet dans le noir, à l'arrière au milieu de leurs affaires, va savoir ou qu'ils n'ont tout simplement pas le droit de prendre quelqu'un à l'arrière! On ne leur en voudra pas car ils étaient sympas).

Dans le camping, il y avait un autre camping-car mais ils sont partis avant nous : un couple de français qui avait l'air bien sympathique aussi ! Nous, on continue à faire du stop, sans succès et l'heure continue à tourner. Très vite, il sera déjà 13h30 et on pique-niquera donc au bord de la route, (toujours en compagnie de deux clébards) prenant un peu de poussière à chaque passage de véhicule (surtout dans l'autre sens d'ailleurs). Nelly inscrira bien sur la route notre destination, mais sans plus de succès. Plus l'heure tourne, plus on se dit que c'est mort : deux solutions s'offrent à nous. Soit, on repasse une nuit de plus ici et on prend le bus du lendemain, à 11h45 jusqu'à Angastaco (à la base, le bus s'arrêtait au village d'avant, Molinos, mais depuis le 19 janvier 2016, ils ont mis en place des bus jusqu'à ce bled, mais pas tous les jours) soit on retourne à Salta par le bus de 15h. Aucune des deux solutions ne nous emballe (et oui : c'est soit faire marche arrière et retrouver le mauvais temps, soit redéfaire la tente dans ce même endroit mort de chez mort). Et c'est là que Nelly dira à Nico qu'elle a lu un blog la veille du départ comme quoi la vallée de Calchaquies n'était pas terrible ! Mais alors, qu'est-ce qu'on fout là ??? Nico s'étant couché plus tôt quand elle a fait des recherches sur Cachi, et elle n'étant pas du matin, n'avait pas pensé à lui en parler avant de prendre ce fichu bus glacial. Bref, selon nous : « Cachi a du cachet » comme le dit notre guide de voyage, ce n'est pas le cas, ça serait plus : « Cachi, c'est pourri » (si on le fait hors saison et en bus, comme nous). Ce n'est pas très gentil, on vous l'accorde mais on a bien l'impression d'avoir perdu notre temps. (Après, si vous êtes véhiculés : une petite vingtaine de minutes dans ce bled suffit, il faut ensuite continuer la route). Du coup, nous, on prendra une décision radicale : on reprend nos sacs et on retourne à Salta. On y dort une nuit puis on file le matin, à Cafayate, qui était de toute manière notre destination suivante (la vallée de Calchaquies était seulement un autre chemin, parait-il plus joli Nous, on n'en saura rien étant donné qu'on en a fait qu'une partie (et dans le brouillard!!!))

A 15h donc, on se retrouve dans un bus en direction de Salta : il fait moins froid qu'à l'aller. Après un Scrabble, on fera un petit somme car on est crevés de notre journée : oui, oui, faire du stop, c'est fatigant (on s'asseoit, on se lève, on reste debout, on tend le pouce, etc...) surtout quand ça ne marche pas. C'est notre premier échec : quelques fois, on gagne et à d'autres moments, on perd, c'est la vie. Heureusement, on gagne plus qu'on perd. Il faut juste savoir rebondir quand ça ne fonctionne pas. Avec notre nouveau plan, on ne perd pas de jour sur notre planning initial (« étant donné qu'on va filer directement à Cafayate), en revanche, ça nous a fait faire un détour inutile. Après le petit somme, on arrive au niveau du col et comme à l'aller, on est dans le brouillard : autant dire qu'on ne voit toujours rien. Mais finalement, très vite, ça se dissipera et les nuages seront bien hauts afin de nous permettre de voir le paysage. C'est très vert : c'est mignon mais là encore ça n'a rien d'extraordinaire. Bref, en arrivant à Salta (ouf, il ne pleut pas), on retourne donc au même hotel, la nana de l'accueil étant surprise de nous revoir (nous aussi, on n'avait pas prévu ça et on s'en serait bien passés).

Mercredi 13 avril, cette fois-ci, pas de départ aux aurores. On pourra profiter du petit déjeuner : pain, confiture (à l'abricot, ça change de la fraise, c'est cool ça), thé ou maté (pour Nelly seulement). On ne décollera qu'à 10h vu que notre bus n'est qu'à 10h30 (attention, il part à l'heure). Comme quelques fois, il faut donner un pourboire au mec qui met les bagages dans la soute et il nous le rappelle si on oublie. Il faut donc toujours avoir un peu de monnaie : vu le prix des billets (180 pesos pour Cafayate, 3h30 de trajet) , on trouve que c'est un peu exagéré (on donne toujours 2 pesos). Allez, espérons que les chats noirs soient évacués : normalement, on devrait voir des choses bien sympas. Si les nuages pouvaient disparaitre, ça serait bien : c'est qu'on s'est habitués au beau temps alors dès que c'est nuageux, on ne comprend plus !!!

A bientôt

Nelly et Nico