Nous sommes le mardi 14 juillet 2015. En France, c'est férié mais pas ici et comme d'habitude, on a mis le réveil vers 6h45. A 7h30, on est prêt et on attend notre bus qui ne tardera pas (ponctuel, d'ailleurs, heureusement que Nico est passé à l'agence la veille et a croisé le chauffeur qui lui a dit d'être prêt à 7h30 et non à 8h comme annoncé auparavant par notre mec à l'étoile aux dents... sacré bonhomme celui-là… heureusement, on s'en sort toujours bien… pour le moment, on verra par la suite)...On est 6 dans le bus (plus 2 boliviennes qui profitent de l'agence pour faire un petit chemin avec nous).

 

A 8h, on est à la sortie de la ville, c'est à dire à la douane chilienne qui va ouvrir d'ici quelques minutes (c'est fermé pendant la nuit). Il y a la queue et ça n'avance pas trop vite : on se dit qu'il va y avoir du monde sur le trajet après. On passe dans les premiers, notre chauffeur a bien réussi à passer devant d'autres et 30 minutes plus tard, on a notre tampon de sortie du pays (et un de plus !). Vers 9h30, on arrive cette fois-ci à une mini douane (sorte de cabanon au milieu de nulle-part)...ça y est, on est en Bolivie. Plusieurs jeeps attendent les touristes : il y a moins de queue et on a très vite notre papier d'entrée en Bolivie (à ne surtout pas perdre, car on nous le demandera à la sortie du pays). On est à plus de 4 000m d'altitude. Il fait tout gris, un froid de canard terrible et il se met même à neiger quelques légers flocons...et avec ce temps on doit prendre notre petit déjeuner dehors (« Tatio le retour...greeeeee »).

 

On essaie de se réchauffer comme on peut (Nelly prend un thé et Nico bouge dans tous les sens). On charge nos gros sacs à dos sur le toit de la jeep. Notre chauffeur, Rénato, qui a l'air d'être super sympa nous dit qu'il y a quelques chose qui vibre dans un de nos sacs, on ne voit pas ce que c'est vu qu'on a nos téléphones sur nous. Sur le chemin, Nelly se dira qu'il s'agit de sa brosse à dents électrique, ce n'est pas grave, elle se déchargera toute seule : elle en a une classique au cas où. On embarque donc avec nos compagnons de voyage (2 espagnols et 2 argentines) : cool : que des jeunes hispanophones. Les 2 places du fond sont assez inconfortables mais les autres ça va, il est prévu qu'on tourne. Pour l'instant, Nelly est devant et en profite pour mitrailler (photos, vous l'aurez compris)...malgré le mauvais temps et elle est subjuguée par le paysage. On fera quelques arrêts photos mais assez courts vu le temps capricieux (nuageux + froid (encore et encore)) et que nos compagnons, même s'ils sont très sympas ne sont pas de très grands amateurs de photos (contrairement à notre chère Nelly...alors, on fait des compromis). On admirera donc furtivement la « laguna blanca » et la « laguna verde et son volcan » (après avoir payé le droit d'entrée au parc national bolivien de 150 pesos bolivianos (Bol) soit environ 20 euros/pers.)...Quel dommage que le beau temps ne soit pas au rendez-vous, ça doit être encore plus magnifique.

 

A 11h20, on arrive aux thermes d'eau chaude (33°C) qui sont à l'extérieur...On décide d'y aller tandis que nos compagnons restent dans la voiture (ils sortent seulement pour aller aux toilettes pour 3 Bol)...Pour 6 Bol, ils peuvent aller se baigner, trop bête de leur part car l'eau est vraiment chaude : c'est super agréable. Nico lâche quelques petits cris de douleur car vu qu'il avait les pieds congelés, la différence de chaleur lui brûle les talons. Nelly l'entend et a peur que l'eau soit froide comme au « Tatio »...mais non, c'est un vrai bain qui permet de se réchauffer jusqu'aux os ! Même si pour se mettre en maillot, on a froid (ouf, les vestiaires, enfin, la cabane en bois ouverte, sont à 3m de l'eau)...On y restera une quinzaine de minutes...c'est trop bon, d'abord avec quelques flocons de neige puis le temps se dégage légèrement. La sortie de l'eau, tant crainte, n'est pas si difficile que ça. Nico en profite pour mettre un 2ème pantalon et ses chaussettes de ski (il aurait dû faire ça avant...on se dit toujours ça après!!!!)

 

Un petit peu plus loin, on fait de nouveau un arrêt...pour apercevoir des geysers. C'est carrément moins impressionnant qu'au « Tatio »...On le savait. On n'y reste pas trop longtemps, vu qu'il fait toujours aussi froid et qu'on a vu mieux au Chili. Vers 13h00, on arrive au refuge où on va dormir : il fait un froid glacial. Un poêle est pourtant là : il y a des cendres (donc ça veut dire qu'il fonctionne) mais est éteint. Notre chauffeur nous propose de nous installer et nous amène à manger : repas chaud : soupe, purée + saucisse et banane en dessert. A 14h, on reprend la route pour quelques minutes afin d'aller observer les flamants roses de la « laguna colorada » (de couleur rose). Ah, ben voilà, cette fois-ci, on les voit...en Bolivie et, ici, ils ne se cachent pas au moins. A 15h, on est déjà de retour dans notre auberge glaciale (2°C dans le dortoir pour 6 et pareil dans le salon, autant dire que même avec l'anorak, on se les pèle). L'autre groupe (5 français super sympas) qui a mangé à côté de nous (repas différent vu que ce n'est pas la même agence) arrive quelques minutes après nous. Ils devaient aller aux thermes qu'on a fait le matin mais une tempête de neige les a obligés à faire demi-tour (pas de chance, ils se lèveront le lendemain plus tôt afin d'y aller).

 

Il est super tôt et on se demande bien ce que l'on va faire dans « cet igloo » (oui, c'est bien le terme le plus adéquat : quand on souffle, de la vapeur sort de notre bouche comme si on était à l’extérieur : « Tatio 3ème round »)...Heureusement, nos chers français ont acheté des cartes...On fera donc une partie « endiablée » de « Président » (jeu que tout le monde a l'air de connaître avec quelques variantes au niveau des règles)...Ignaki et Lourdes : le couple d'espagnol (qui vit à New York) nous rejoint sur la fin. Ensuite, on formera un demi-cercle autour du poêle vu qu'enfin...des mini-bûches arrivent.

 

Le soir, au repas, c'est la fête, on a droit à une bouteille de vin pour 6 et un repas correct (soupe + spaghettis, sauce tomate et parmesan). Certes, on est loin d'un repas gastronomique mais ils ne sont pas frugaux comme annoncés dans le guide de voyage (on a quand même prévu « les desserts » : gâteaux et fruits, aucun souci à la frontière bolivienne, car il n'y a aucun contrôle, beaucoup moins embêtante qu'au Chili). La nuit sera correcte malgré le froid : merci les sacs de couchage bien chauds (ils nous sauvent encore la vie comme à San Pedro), bien qu'il faille s'habiller comme il faut : double pantalon, double chaussette et bonnet. Dehors, il parait qu'il fait -25°C la nuit alors, pas étonnant qu'il fasse si froid dans une pièce non chauffée et que la fenêtre soit complètement recouverte de glace (mais l'agence nous avait prévenus). C'est quand même la première fois qu'on voit sortir le petit nuage de vapeur de notre bouche quand on souffle à l'intérieur d'un bâtiment !

 

Mercredi 15 juillet, on se lève avec un sacré mal de crâne (le vin ?, l'altitude ? Ou le combiné des deux, allez savoir...). Même Nico prendra un cachet. Vers 8h, on part après avoir pris un bon petit déjeuner (même si les pancakes étaient froids) : d'ailleurs, notre « Nutella » est tout dur et les bouteilles d'eau sont gelées (on a pris une grosse bonbonne d'eau à San Pedro car en Bolivie, l'eau n'est pas bonne pour nous) ce qui nous fait bien rire. Dehors, le temps s'est découvert et le soleil fait son apparition : il fait un peu moins froid.

 

Le premier arrêt sera de nouveau au niveau de la « Laguna Colorada » qui est bien plus belle que la veille (avec le soleil, il n'y a pas photo, c’est mieux). On apercevra aussi des lamas sur la route puis ensuite, on fera un arrêt touristique au niveau de l'« arbol de piedra » : pleins de gros rochers en plein milieu du désert. On mitraille de photos et on remonte dans la jeep (aujourd'hui, c'est nous qui sommes aux places les plus inconfortables) : on enchaînera avec 2 autres « lagunas » dont une glacée (la « Honda ») et l'autre où on verra des flamants roses (la « Inionda »)....

 

Vers 12h30, notre « Renato » nous propose de s'arrêter (au bord d'une autre « laguna » où il y a de nouveau des flamands roses) et nous prépare le pique-nique : une belle salade composée (Nico est aux anges...chouette de la verdure  et plein d'ingrédients : riz, thon, tomates, concombres, maïs). Par la suite, à l'image de la journée, on passera devant divers paysages magnifiques et supers variés. Certains dorment dans la jeep mais pas nous : on a les yeux bien ouverts et on est émerveillés. On avait encore jamais rien vu d'aussi beau et c'est tellement varié. De plus, c'est la première fois qu'on est en plein désert avec rien d'autres à perte de vue que le sable et les magnifiques montagnes (et on n'est pas encore au Salar!!!). L'après-midi passera super vite...On traversera 2 villages sans intérêt mis à part pour aller aux toilettes (2 Bol).

 

A 17h, on arrive à l' « Hostal de Sal »...Rien d'extraordinaire (les espagnols sont déçus car les photos semblaient être meilleures). Certes, le sol et les murs sont constitués de sel ainsi que d'autres trucs mais dans l'ensemble, c'est moyen...En même temps, on s'en fiche et puis, il fait moins froid, c'est déjà ça (en même temps, ça ne pouvait pas être pire… il fait tout de même froid…). On peut charger nos appareils photos et prendre « une douche » (un tout petit filet d'eau à peine chaud (qui est compris dans le prix) dans le noir et dans une « salle de bain » glaciale : d'ailleurs, il vaut mieux payer un peu moins cher à l'agence et payer sur place la douche (10 Bol.)). Après le repas (soupe + poulet/frites), Renato nous amène voir les étoiles (et la voie lactée) dans le Salar, vu qu'on est à côté : c'est magnifique ! Quelle chance nous avons que le ciel soit complètement dégagé !!! On ira ensuite se coucher, tout aussi habillés. Demain, c'est le grand jour : le salar d'Uyuni tant attendu! Whaouh !

 

Aujourd'hui, jeudi 16 juillet, le réveil sonne encore très tôt : 5h30 afin d'apercevoir le lever du soleil sur le Salar d'Uyuni. On prendra des photos sympas en jouant sur les effets d'optique : on a l'impression d'être seul au monde tellement c'est grand. Emilia sera la seule, avec Rénato, à tenter de chercher des cristaux de sel. C’est impressionnant, sous la quinzaine de centimètre de couche de sel, il y a de l’eau et de beaux cristaux de sel. Ensuite, on passera une bonne heure sur l'île aux cactus (Incahuasi, billet d'entrée à payer) : une île en plein Salar avec beaucoup de cactus, ce n'est pas commun et bien sympa. 2 arrêts classiques suivront : un au niveau des drapeaux et de la sculpture du Dakar 2014 ainsi qu'un autre au niveau des petites mottes de sel qui sont utilisées pour l'exploitation du sel (moins jolies en vrai que sur les cartes postales).

 

A 11h30, ça sera l'arrêt touristique à Colchani si on souhaite acheter des souvenirs (on attendra d'être à La Paz pour cela) puis de manger dans une pièce super froide (pour changer). A côté de nous, un groupe de français n'est pas bien content de « leur tour » et ils remplissent un questionnaire d'insatisfaction. Ils nous diront qu'ils ont eu droit à une tempête de neige et que le moteur de leur 4x4 a décidé de lâcher à ce moment-là. Ils ont voulu ouvrir la porte et vu qu'ils ne voyaient rien, un camion l’a arrachée en passant à toute vitesse. Leur chauffeur leur a proposé de faire un feu dans la voiture vu qu'il faisait froid (quelle idée saugrenue!) mais ils ont refusé. Du coup, ils sont de nouveau sortis (avec tous les vêtements qu’ils possédaient) et un camion a fini par s’arrêter et a tracté leur voiture...Le souci, c'est qu'ils ont raté plein de choses. On se dit que nous, on a eu de la chance, c'était certes un peu plus cher (95 000 pesos/pers. pour 3 jours) mais tout s'est passé sans problème.

 

Notre chauffeur roulait lentement (contrairement à ce qui est écrit dans les guides, en même temps, c’est vrai qu’on se faisait doublé par des 4x4 à toute vitesse). Pas sûr que les personnes pouvaient aussi bien admirer le paysage que nous et ça devait drôlement être inconfortable dans leur véhicule. Ah, notre cher Rénato : il était au top avec ses 22 années d’expérience !!! On n’a eu aucun problème technique durant le trajet mis à part au « cimetière de trains », où il a fallu pousser le 4x4 quelques petites minutes. En effet, après le repas, c'est notre dernier arrêt : il est situé à quelques minutes du centre-ville d'Uyuni. Avant, un train reliait le Chili à la Bolivie...Le Chili a racheté l’entreprise, l’a délocalisée puis a laissé à l'abandon ce qu’il y avait d'où le nom de « cimetière de trains » (au milieu de nulle part).

A 14h15, c'est fini, on descend de voiture. Plusieurs missions nous attendent : trouver un bureau de change (un seul d'ouvert au final) et acheter nos tickets de bus pour La Paz (120 Bol/pers., semi-cama, départ à 20h). Renato, notre chauffeur nous garde nos sacs et nous attend : on essaie de se dépêcher.

 

Du coup, après lui avoir dit au revoir et l'avoir remercier pour sa disponibilité, on décide d'aller faire un tour dans la ville (avec nos compagnons de voyage). On fera un tour du marché, on se reposera sur un banc au soleil à boire le maté de nos argentines puis on finira dans un bar (« Funkey bar » , le seul qu’on trouvera ouvert) : sympa : avec plein de photos rigolote du Salar. Il y a du sable dans la salle côté rue où il y a plein de lune (ceux qui ont pu y aller comprendront)... Encore un moment sympa à discuter en espagnol.

Avant de partir d’Uyuni, on ira s'acheter une pizza. Il s'avère qu'on va tous à la Paz mais pas avec le même bus (tout le monde part vers 20h néanmoins) : les 2 espagnols ont réservé un bus de « luxe » à 33 dollars le trajet avec repas et chauffage. Sur notre bus, il est écrit « chauffage » mais en réalité, vu que des couvertures seront à notre disposition, il n'y en aura pas et on aura un peu froid (pour changer encore…).

 

On arrivera autour de 6h30 du matin à La Paz et on y passera qu'une seule nuit pour l'instant. Ce n'était pas au programme mais vu qu'on est en avance, samedi 18 juillet, direction le lac Titicaca côté bolivien...Pour voir ce qui s'y est passé, faut lire la suite...

 Pour voir les photos de ces magnifiques 3 jours, cliquez ici.

A bientôt

 

Nelly et Nico